SWI swissinfo salue la jeunesse engagée à Madagascar

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, le média international SWI swissinfo.ch a mis en lumière la vague mondiale de mobilisations portées par la nouvelle génération. Parmi les voix qui s’élèvent à travers le globe, des témoignages de jeunes Malgaches rappellent une réalité fondamentale : la jeunesse africaine est au cœur de ce réveil politique et panafricain.

1. Une onde de choc globale : De l’Asie à l’Afrique, une jeunesse debout

Partout dans le monde, un constat s’impose : les modèles politiques et économiques traditionnels peinent à répondre aux aspirations démocratiques et sociétales des nouvelles générations. Du Bangladesh au Kenya, de l’Inde à Madagascar, la jeunesse fait face aux mêmes défis : un chômage structurel, une hausse vertigineuse du coût de la vie, la corruption et un sentiment d’exclusion face à des élites déconnectées.

Pendant longtemps, la jeunesse a été qualifiée d’« dépolitisée » ou d’« apathique ». La réalité est tout autre : elle refuse simplement des canaux institutionnels devenus obsolètes ou verrouillés. En investissant la rue, les réseaux numériques et les initiatives citoyennes locales, la Gen Z prouve qu’elle est une force d’action immédiate, horizontale et résiliente.

2. Le nouveau Panafricanisme : Une solidarité citoyenne sans frontières

Pour la jeunesse du continent africain, cet éveil prend une dimension profondément panafricaine. Plus qu’une idéologie théorique, le panafricanisme de la Gen Z est une réalité vécue et partagée au quotidien grâce aux réseaux d’interconnexion modernes.

Que l’on soit à Antananarivo, Nairobi, Dakar ou Kampala, les défis sont identiques. Cette communauté de destins forge une conscience collective : l’avenir de l’Afrique ne se construira pas par la dépendance ou le maintien du statu quo, mais par la réappropriation citoyenne et la quête de souveraineté.

Dans la tribune publiée par SWI swissinfo.ch, Ando Andrianaivoson rappelle la force de ce lien continental :

« Sur tout le continent africain, les jeunes sont confrontés à des défis très similaires : la corruption, le chômage élevé des jeunes et des systèmes politiques qui nous excluent systématiquement des prises de décision. Malgré cela, nous sommes unis par un désir partagé de dignité, d’autonomie et de changement fondamental. »

Cette déclaration illustre parfaitement la naissance d’un panafricanisme d’action, axé sur la dignité humaine, l’auto-détermination et le refus de la résignation.

3. Refuser la figuration : Vers une participation politique réelle

L’un des messages centraux véhiculés par les jeunes intervenants malgaches est le refus catégorique de la « participation de façade ». Trop souvent, les institutions nationales et internationales utilisent la jeunesse comme un outil de communication ou un simple élément décoratif lors de sommets et de conférences.

Stéphanie Rakotomanga souligne avec justesse cette hypocrisie institutionnelle :

« Trop souvent, les jeunes sont invités à participer une fois que les décisions importantes ont déjà été prises. On nous demande de participer, mais pas nécessairement d’influencer. »

Pour construire un avenir viable, la transition doit s’opérer de la consultation symbolique vers la co-création réelle. La jeunesse ne réclame pas une place à la table par politesse, mais parce qu’elle possède l’expertise de ses propres réalités et la légitimité démocratique du nombre.

Comme l’insiste Miharisoa Rakotondravelo, l’intégration des jeunes dans les processus décisionnels doit se faire :

« Non pas comme un pion ou un outil, mais comme une véritable communauté qui travaille et bâtit ensemble. »

4. Madagascar au rendez-vous de l’Histoire : Un an après septembre 2025

En ce 1ᵉʳ septembre, alors que nous marquons le premier anniversaire du grand mouvement de contestation et d’éveil citoyen mené par la jeunesse en septembre 2025, la portée des témoignages malgaches dans la presse internationale prend un sens encore plus profond.

Il y a un an, la jeunesse malgache descendait dans la rue et investissait l’espace public pour dire non à l’injustice, à la précarité et au verrouillage politique. Cet anniversaire rappelle que Madagascar n’est pas en marge des grandes transformations mondiales, mais pleinement ancré dans cette dynamique de reconquête citoyenne.

La jeunesse malgache partage la même soif de justice, de transparence et de développement que ses pairs africains et mondiaux. Se souvenir de septembre 2025, c’est se rappeler que :

  • L’engagement porte ses fruits : La voix des jeunes Malgaches résonne désormais bien au-delà de nos frontières.
  • La mémoire nourrit l’action : La quête de justice sociale et de bonne gouvernance n’était pas un élan éphémère, mais le début d’une transformation profonde et durable.
  • Le changement est en marche : La jeunesse continue de prendre ses responsabilités, d’interpeller les décideurs et d’exiger des comptes avec maturité et détermination.

L’Histoire nous enseigne que les grandes mutations ont toujours été portées par l’énergie des nouvelles générations. Un an après septembre 2025, la jeunesse africaine et malgache ne demande plus la permission d’exister ou d’espérer : elle s’organise, se souvient et agit pour façonner son propre avenir.