Jeunesse et diaspora : les grands oubliés de la refondation malgache ?
- 7 avril 2026
À Madagascar, le mot refondation revient régulièrement dans le discours politique et institutionnel. Il promet un nouveau départ, une transformation profonde de l’État et de la société. Pourtant, comme le souligne une analyse récente publiée par Diapason.mg, deux forces majeures du pays restent largement absentes de cette dynamique : la jeunesse et la diaspora. Une absence qui interroge, surtout dans un pays où la majorité de la population a moins de 25 ans.
Une jeunesse nombreuse, mais peu écoutée
La jeunesse malgache n’est pas seulement une donnée démographique, c’est une réalité sociale, économique et culturelle. Elle est créative, connectée, entreprenante, mais aussi confrontée à un chômage massif, à un accès limité à la formation de qualité et à une faible représentation dans les espaces de décision.
L’analyse de Diapason met en lumière un paradoxe : alors que la jeunesse est souvent citée dans les discours comme « l’avenir du pays », elle reste peu associée aux processus de refondation, qu’il s’agisse de réformes institutionnelles, économiques ou sociales. Les politiques publiques sont rarement co-construites avec les jeunes, et encore moins pensées à partir de leurs réalités quotidiennes.
Pour la Gen Z, cette mise à l’écart alimente un sentiment de désillusion, voire de rupture avec la sphère politique. Beaucoup ne se reconnaissent plus dans des projets nationaux conçus sans eux.
La diaspora : une richesse sous-exploitée
Autre angle fort de l’analyse de Diapason : le rôle négligé de la diaspora malgache. Présente en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord et ailleurs, elle représente un capital humain, financier et intellectuel considérable. Compétences, réseaux internationaux, investissements, transferts de connaissances… le potentiel est réel.
Pourtant, la diaspora reste souvent cantonnée à un rôle symbolique ou financier, sans véritable intégration dans les stratégies de refondation nationale. Les mécanismes de participation restent flous, les cadres institutionnels peu adaptés, et la méfiance mutuelle persiste parfois entre acteurs locaux et Malgaches de l’extérieur.
Selon Diapason, cette situation constitue une occasion manquée. Dans un monde globalisé, ignorer sa diaspora revient à se priver d’un levier majeur de développement.
Un système encore trop fermé
Ce que révèle cette analyse, au-delà des constats, c’est un problème de méthode. La refondation est souvent pensée de manière verticale, descendante, par un cercle restreint d’acteurs. La jeunesse et la diaspora, pourtant directement concernées par l’avenir du pays, peinent à trouver leur place dans ce modèle.
Pour la Gen Z, qui a grandi avec les réseaux sociaux, la collaboration en ligne et l’accès à l’information, ce fonctionnement apparaît déconnecté des réalités contemporaines. L’attente n’est plus seulement d’être consulté, mais d’être acteur.
Et maintenant ? Le rôle de la Gen Z
L’intérêt de l’analyse de Diapason réside aussi dans ce qu’elle suggère en creux : la refondation ne pourra être crédible sans une inclusion réelle de la jeunesse et de la diaspora. Cela suppose de nouveaux espaces de dialogue, des mécanismes participatifs concrets et une reconnaissance des compétences, où qu’elles se trouvent.
Pour la Gen Z Madagasikara, le défi est double. D’un côté, continuer à revendiquer sa place, à proposer, à innover. De l’autre, refuser le désengagement et transformer la frustration en action collective, que ce soit à Madagascar ou depuis l’étranger.
La refondation n’est pas qu’un slogan. Elle ne prendra sens que si elle se construit avec celles et ceux qui incarnent déjà le Madagascar de demain.



