Des facteurs structurels qui affaiblissent les ménages
Dans le Sud‑Est, la dégradation de la situation nutritionnelle ne s’explique pas uniquement par le départ des bailleurs. Plusieurs facteurs se cumulent : faibles rendements agricoles, instabilité semencière, pratiques alimentaires fragiles, période de soudure prolongée, hausse des maladies diarrhéiques et du paludisme, et un accès limité à l’eau potable. Ces déterminants aggravent la vulnérabilité des familles et réduisent leur capacité à maintenir une alimentation suffisante. Ces constats rejoignent les analyses de l’IPC, qui signalent des crises régulières liées aux sécheresses, aux inondations et aux chocs sanitaires dans le Grand Sud et le Sud‑Est. [reliefweb.int], [bing.com]
Selon Julio Rainimananjanahary, coordinateur de Welthungerhilfe (WHH), l’arrêt de plusieurs financements humanitaires en 2025 a amplifié ces fragilités : les besoins restent élevés, mais les ressources disponibles sont très en dessous du nécessaire. Cette tendance est confirmée par les évaluations humanitaires récentes, qui rapportent une baisse généralisée de la capacité des acteurs à répondre aux urgences alimentaires et nutritionnelles. [news.un.org]
Des recommandations pour une réponse durable
Pour faire face à la hausse des cas de malnutrition, WHH préconise une approche multisectorielle. Parmi les priorités identifiées figurent :
- l’adaptation des systèmes agricoles et semenciers aux réalités climatiques,
- l’amélioration des pratiques d’élevage pour renforcer l’apport nutritionnel,
- la valorisation de la pêche artisanale et la protection des ressources halieutiques locales,
- le développement de la consommation locale de poisson,
- la promotion de l’éducation nutritionnelle,
- la mise en place d’une gouvernance territoriale participative,
- et une coordination renforcée entre les acteurs.
Ces orientations s’alignent avec les recommandations formulées par plusieurs rapports humanitaires, qui soulignent la nécessité d’un accompagnement structurel dans les districts du Sud‑Est, classés en phases critiques de l’IPC en 2024‑2025. [ipcinfo.org]
Des interventions qui peinent à durer
Une autorité locale de Vangaindrano rappelle un problème récurrent : la pérennité des projets. Une fois les programmes achevés, les communautés manquent de relais techniques et financiers pour poursuivre les activités, ce qui annule progressivement les avancées obtenues. Ce phénomène est cité comme un facteur déterminant dans le retour cyclique de la malnutrition dans la région.
Cette difficulté est également mentionnée dans les analyses de l’OCHA, qui note que les interruptions de programmes laissent les districts vulnérables sans amortisseur face aux chocs alimentaires.



