Région Sud‑Est : fragilisation par le retrait de l’USAID

Le retrait de l’USAID et ses conséquences immédiates

Dans les communes du Sud-Est, sept mois après le départ officiel de l’USAID, les effets sont de plus en plus visibles et la malnutrition continue de gagner du terrain. Les autorités constatent une dégradation de la sécurité alimentaire et une baisse de l’engagement communautaire dans les actions de lutte contre la malnutrition. [msn.com]

Selon le maire d’Ambatolava, Jean Martin Vina, les programmes financés par l’USAID couvraient l’accompagnement agricole, le suivi des grossesses et la prise en charge nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans. Ces programmes incluaient également la distribution de vivres et un appui technique aux agriculteurs. Depuis leur interruption, les pratiques recommandées ont reculé, et les cas de malnutrition infantile réapparaissent progressivement. [msn.com]

Une interruption des financements humanitaires aggravant la situation

L’année 2025 a été marquée par l’arrêt de plusieurs financements humanitaires. Julio Rainimananjanahary, coordinateur pour l’ONG Welthungerhilfe (WHH), souligne que ces suspensions ont eu des répercussions profondes sur la vie quotidienne des ménages dans la région. [msn.com]

Cette baisse des ressources intervient dans un contexte où les régions du Grand Sud et du Sud‑Est font face à une accumulation de chocs : sécheresses répétées, hausse des prix alimentaires, cyclones destructeurs et dégradation des services de base, comme l’indiquent plusieurs analyses humanitaires récentes. [unocha.org]

Des chiffres alarmants sur la malnutrition dans la région Sud‑Est

En mars 2025, une analyse nutritionnelle conduite par WHH dans la région Atsimo Atsinanana révélait des taux préoccupants de malnutrition aiguë. Selon l’étude, 15,63 % des enfants présentaient une malnutrition aiguë modérée et 4,95 % une malnutrition aiguë sévère dans les sept communes identifiées comme particulièrement vulnérables. Ces résultats ont été présentés à Antananarivo, au Café de la Gare à Soarano. [msn.com]

Plus largement, une analyse IPC de septembre 2025 montre que plus d’1,2 million de personnes dans le Grand Sud et le Sud‑Est étaient confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Ces chiffres pourraient atteindre 1,64 million de personnes en phase 3 ou plus (crise ou pire) entre février et avril 2026. [reliefweb.int]

Le rapport souligne également que des centaines de milliers d’enfants de moins de cinq ans sont susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë sur la période 2025‑2026, avec plus de 155 000 cas de malnutrition aiguë sévère anticipés. [reliefweb.int]

Les limites des capacités locales face à une crise structurelle

Le retrait de plusieurs partenaires internationaux met en lumière la dépendance de certaines régions à l’aide extérieure. Sans soutien technique et financier, des pratiques essentielles — agriculture résiliente, suivi maternel, dépistage précoce de la malnutrition — ne peuvent être maintenues de façon autonome.

Les organisations encore actives, dont WHH, continuent d’intervenir mais leurs ressources sont insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Les autorités locales alertent sur la nécessité d’un accompagnement continu pour freiner la résurgence de la malnutrition et éviter une détérioration durable de la situation. [msn.com]

Conclusion : une situation qui nécessite une action coordonnée

La crise nutritionnelle du Sud‑Est résulte d’une combinaison de dépendance historique aux bailleurs internationaux, d’insuffisances structurelles et d’une succession de chocs climatiques et économiques. Les indicateurs montrent que la malnutrition, même lorsqu’elle recule temporairement, revient rapidement si les mécanismes de prévention ne sont pas soutenus.

Pour éviter que cette crise ne s’aggrave, une coordination renforcée entre autorités locales, organisations communautaires et partenaires humanitaires reste indispensable.

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